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La responsabilité sociétale des entreprises n’est plus une option... C’est un levier stratégique majeur.

CB
Charles BattistaPrésident de la FIGEC
April 16, 20253 min
La responsabilité sociétale des entreprises n’est plus une option... C’est un levier stratégique majeur.

Interview exclusive avec M. Charles Battista — Président de la Figec Réalisée dans le cadre de la communauté Futur Engagé par Conitiv 

Communauté Futur Engagé : Charles Battista, vous ouvrez souvent vos prises de parole avec une vision très affirmée de la RSE. Quelle est aujourd’hui votre conviction en tant que président de la FIGEC ? 

Charles Battista : Pour moi, il ne fait plus aucun doute que la responsabilité sociétale des entreprises n’est plus une option, ni même une simple attente. Elle est devenue un levier stratégique majeur. Elle permet de créer de la valeur sur le long terme, de restaurer un lien de confiance entre les acteurs économiques et de contribuer à l’émergence d’une économie plus équitable, plus inclusive, plus résiliente. En tant que président de la FIGEC, je porte cette conviction avec force : notre secteur doit être exemplaire dans cette transformation. 

Communauté Futur Engagé : Quel rôle concret la FIGEC peut-elle jouer dans cette transition ? 

Charles Battista : La Fédération que je représente regroupe des métiers essentiels à la relation économique : gestion du risque client, information d’entreprise, recouvrement, enquête civile... Ces activités sont au cœur du tissu économique. C’est précisément pour cette raison que nous avons une responsabilité particulière. Nous devons promouvoir un modèle basé sur la transparence, un strict respect des délais de paiement, un meilleur équilibre dans les relations entre créanciers et débiteurs, mais aussi un engagement clair contre toutes formes de pratiques abusives. 

Communauté Futur Engagé : Comment engager les entreprises membres de la FIGEC autour de cette démarche RSE ? 

Charles Battista : L’adhésion à une telle dynamique ne se décrète pas, elle se construit. C’est pourquoi nous avons mis en place plusieurs actions structurantes. Nous organisons régulièrement des webinaires, en croisant nos regards avec ceux d’acteurs référents de la RSE. Mais surtout, nous avons initié la création d’un label en partenariat avec Entreprise Responsable +, qui s’inspire des meilleures pratiques en matière de relations fournisseurs et d’achats responsables. Ce label offre un cadre clair et valorisant pour les entreprises engagées. 

Communauté Futur Engagé : Quels sont, selon vous, les bons indicateurs à suivre ? 

Charles Battista : Il y a bien sûr les indicateurs classiques comme l’empreinte carbone ou la consommation d’énergie. Mais notre secteur présente des spécificités. Je pense notamment au taux moyen de règlement des fournisseurs, qui est un excellent révélateur de la qualité des relations économiques. Le taux de rétablissement à l’amiable des litiges est également un indicateur fort. Par ailleurs, il me paraît essentiel de mesurer le niveau d’inclusion des TPE et PME dans les politiques d’achat, ainsi que de mettre en place une notation éthique des pratiques de recouvrement. 

Communauté Futur Engagé : Quels sont les freins que vous rencontrez aujourd’hui dans cette transformation ? 

Charles Battista : Le principal frein est d’ordre culturel. Trop souvent, la RSE est encore perçue comme une contrainte, un centre de coût. C’est cette perception que nous devons faire évoluer. Il faut positionner la RSE comme un levier puissant de performance globale. Pour cela, il est nécessaire de former les dirigeants, de valoriser les initiatives exemplaires, et d’articuler les exigences réglementaires — comme la CSRD ou la taxonomie européenne — avec de réelles opportunités économiques. 

Communauté Futur Engagé : Pour conclure, quel message fort souhaitez-vous adresser à la communauté des leaders engagés ? 

Charles Battista : La RSE est l’affaire de tous. Elle ne peut pas reposer uniquement sur quelques pionniers ou sur la pression réglementaire. C’est une dynamique collective. En tant que président de la FIGEC, je considère que nous avons un devoir d’exemplarité. Mon ambition est claire : faire de la Fédération un acteur pleinement engagé, influent, et capable de faciliter cette transition pour l’ensemble de nos membres. C’est une transformation ambitieuse, mais je suis convaincu qu’elle est non seulement possible, mais indispensable.